Consulter la version mobile Rester sur cette version

Accès direct au contenu


Vous êtes ici : nous > Le Loiret > Histoire et patrimoine > Traditions

Quand le Loiret entre dans la danse...

Le groupe folklorique de l'Orléanais en 1938, à Sully-sur-Loire, devant le bal parquet de G. Loiseau de Coullons.

Le groupe folklorique de l'Orléanais en 1938, à Sully-sur-Loire, devant le bal parquet de G. Loiseau de Coullons.

(Photo DR)

28/06/1999
Le 14 juillet, branles, rondes, bourrées, contredanses ne sont plus au programme des bals populaires. Car de ces danses, naguère à la mode, il reste aujourd'hui peu de traces.
Sous la surveillance du clergé. Au temps de la grande université orléanaise, les "escoliers" d'Orléans étaient renommés pour être d'excellents danseurs . "Quand on voulait alors faire honneur à un danseur et le louer de la plus flatteuse manière, on lui disait qu'il venait de l'école d'Orléans". Rabelais lui-même abonde dans ce sens déclarant que pour devenir docteur de ladite université, il suffit d'être bon danseur et joueur de paume : "Une estoeuf en la braguette, en la main une raquette, une loi en la cornette, une basse danse au talon, vous voilà passé coquillon" (Pantagruel, Livre II-1532).

Mais si la pratique de la danse semble fort aisée dans les salons orléanais, il n'en est pas de même dans les campagnes ou le clergé la contrôle de près. On danse cependant spontanément, le plus souvent dans les granges, au son du violon ou "à la voix". Cet acte deviendra même ostensiblement républicain sous le second Empire. À la fin du 19ème siècle, la surveillance de l'Eglise s'exerce toujours avec vigilance. En témoigne la lettre ouverte de Gaston Couté au curé de Meung-sur-Loire, publiée en 1898, dans laquelle il s'insurge contre cet "empêcheur de danser en rond" qui interdit aux jeunes filles de danser au bal de la mi-carême ou de la fête des Cordeliers, sous peine d'être renvoyées du "catéchisme de persévérance".

Quadrilles et contredanses.
L'aspect diabolique de la danse apparaît aussi très nettement dans la tradition orale ou les scènes de bal sont le plus souvent assimilées à de véritables sabbats. Les quadrilles sont les seules danses à caractère populaire dont on conserve une mémoire vivante. Héritiers des contredanses du 18ème siècle, ils furent très en vogue sous le second Empire et se répandirent assez vite dans notre département. Georges Bigot note qu'en Beauce, à Sébouville, déjà à cette époque et jusqu'au début de ce siècle on dansait à la fête du village sur la place "le quadrille des lanciers".

Ce célèbre quadrille anglais était concurrencé localement par le "quadrille français" et ses diverses variantes dont le "quadrille orléanais" et le "quadrille du Gâtinais". Le quadrille est un assemblage de cinq contredanses, la dernière (le galop) reprenant le plus souvent des airs du répertoire traditionnel. Les autres danses que l'on trouve de façon quasi-généralisée en 1900 sont les danses par couples : scottisch, valse, mazurka, polka ainsi que quelques jeux dansés. Des danses que les amateurs pourront peut-être encore pratiquer aux bals du 14 juillet.

C.Chenault

"Deux sous" la danse !

En 1956, Jules-Marie Simon se souvenait que vers les années 1896-1900, à Orléans, les jeunes fréquentaient les bals du Casino, rue de la gare, ceux du dimanche à l'Alcazar, rue Dauphine ou de l'Eldorado à Olivet. Le prix d'entrée y était de 4 à 5 sous. Seulement, chaque danse se payait de façon originale.
Toutes les polkas, mazurkas, valses ainsi que les quadrilles étaient coupés en deux parties. Dès que l'orchestre s'arrêtait, chaque danseur offrait le bras à sa cavalière et tous les couples défilaient en cortège dans la salle. Un employé de l'établissement ou le directeur lui-même s'approchait de chaque danseur qui lui remettait deux sous, prix de la danse. Lorsque tout le monde avait payé, l'orchestre recommençait à jouer. "On se remettait alors à gambiller pour les dix centimes versés !".



Rédigé par

mise à jour le 27 octobre 2011



Plan du site

Département du Loiret
45945 Orléans
Tél : 02 38 25 45 45
Téléphone accessible aux personnes sourdes et malentendantes